Mindfulness

MINDFULNESS, PLEINE CONSCIENCE, MEDITATION…

Ces termes sont synonymes. Ils ont été introduits par la 3 eme vague des TCC et notamment formalisés cliniquement à partir du traitement des Dépressions et du Stress par John Kabat Zinn ( MBSR Mindfulness-Based Strress Rdeuction, MBCT, Mindfulness-Based Cognitive Therapy).

La pleine conscience est la pratique de base des méditations bouddhistes.

Pour la pratique de la méditation à sa source, je me réfère personnellement à la forme de méditation  développée par Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste de l’église bouddhiste vietnamienne réunifiée, qui propose des retraites méditatives au Village des Pruniers dans le Périgord ou en région parisienne par l’association le Jardin de l’instant. En dispensant des ateliers d’apprentissage de la méditation, cette Sanga ou communauté n’exige pas des participants d’adopter la philosophie ou la religion bouddhiste.

Pour « Thai », comme on l’appelle, nous sommes indéfectiblement liés au monde tel qu’il est, à notre esprit tel qu’il est, à nos semblables tels qu’ils sont et comme un maillon de solidarité dans la chaine de l’interdépendance de l’histoire, du monde et de la nature, de tous les êtres du vivant sans lesquels nous n’existerions pas maintenant, nous sommes des inter-êtres. La preuve en est le souffle de notre respiration qui nous relie à la vie.

Une définition de cette compétence psychologique .

Un état de pleine conscience qui émerge du fait de porter son attention, de manière intentionnelle, au moment présent, sans jugement, sur l’expérience qui se déploie moment après moment. Ce n’est pas une relaxation.

C’est une expérience pratique de concentration dans l’instant (autre formulation de l’ ici et maintenant) plus qu’un concept. Elle se réfère aux données sensorielles et motrices (ressentis audition..) cognitives (pensées, images..) émotionnelles qui surgissent dans le champ de la conscience au présent,  dans le contact avec la réalité en acceptant toutes les facettes de l’expérience émotionnelle quelles que soient leurs valences agréables  ou désagréables.

Son apprentissage par des exercices pratiques se fait dans le but de renforcer les interventions psychologiques. En induisant un lâcher-prise, donc une possibilité de prise de distance et de compassion envers soi-même, elle potentialise les possibilités fonctionnelles d’aborder autrement les soucis, les ruminations, les joies…  C’est un  modèle de changement et un outil qui accompagne diverses formes de thérapie, d’Acceptation des différences (IBCT), de Réflexion Dialectique (TCD), d’Engagement (ACT), d’analyse de la relation dans l’instant (FAP).

Elle est très représentative du courant de l’approche contextuelle fonctionnel.

Dans la mesure où elle permet d’accéder aux véritables processus émotionnels on s’extirpe de l’évitement de la réalité, du fusionnement des cognitions et des ruminations.

C’est peut être une approche indirecte par contournement des problématiques personnelles sauf si ces problématiques tiennent justement à s’échapper dans les pensées automatiques face aux difficultés d’affronter le présent, à l’incertitude qui pousse à l’évitement, aux anticipations anxieuses, aux ambivalences, aux doutes sur les décisions, à la pensée contrefactuelle qui en voulant changer le passé tente de refaire les faits après coup, débouchant sur des ruminations expiatoires et sans fin… C’est ce dont les personnes souffrent tellement dans l’anxiété générale, les TOC, la dépression…

Ainsi elle se caractérise par la notion d’être plutôt que d’agir par l’esprit, d’observer ces pensées qui nous traversent en se centrant simplement sur la réalité des sensations présentes, provenant par exemple de la respiration, des sensations corporelles actuelles, des messages de l’environnement immédiat…sans jugement, même si notre volonté est toujours de vouloir à tout instant résoudre nos problèmes grâce à notre intelligence comme on a en effet l’habitude de le faire si efficacement sur des taches concrètes. Or quand nous voulons tout contrôler, même l’imprévisible, notre esprit débouté s’attaque à notre esprit, les choses se compliquent et la plupart du temps nous nous créons plus de problèmes psychologiques…

Ce qu’elle apporte

Elle permettra simplement en s’exerçant, même si on ne peut évidemment la pratiquer pour une utilité future, ce qui serait sortir de l’expérience immédiate, et contradictoire avec l’idée de s’ancrer dans le présent sans vouloir se projeter sur le futur afin justement d’habiter l’instant qui est son essence, d’accéder à une position d’observation des véritables contextes de changement possible en devenant le lieu même de cette perception qui se développe.

Etre ce ciel ou se déplacent diversement les nuages de la pensée, être simplement cet échiquier ou ne cessent de s’affronter les bonnes pièces blanches de nos cognitions agréables et les mauvaises pensées des pions noirs, être cet océan parfois lisse, calme et rieur, parfois rugissant de colère, ou se disputent autant les calmes plats sans ride que les vagues de la tempête, ou le temps ensoleillé et bleu des anticyclones surviendra après les lourds nuages des traines des dépressions.

C’est seulement lorsqu’on peut adopter cette position d’auto-observation qu’on accède à la conscience en autorégulant son attention autrement capturé naturellement par des distracteurs ou des routines d’actions, des règles obsolètes ou rigides. L’atteinte de la pleine conscience nous permet de refocaliser de manière flexible sur nos buts et nos valeurs pris dès lors comme guides véritables et utile de notre être au monde et de nos actions.

Il s’agit simplement de réapprendre  ou d’apprendre à « vivre ici et maintenant », comme on l’espère  si souvent.

Christophe André  (2012) Méditer Jour après jour, 25 leçons pour vivre en pleine conscience – avec CD exercices – L’Iconoclaste

Ilios Kotsou, Alexandre Heeren (2011) Pleine conscience et Acceptation, les thérapies de la 3 eme vague. De Boeck.

John Kabbat Zinn  (1994) Ou tu vas-tu es. J’ai lu

Thich Nath Hanh  (1994) Le miracle de la pleine conscience, manuel pratique de méditation.  L’espace bleu.