Introduction à l’Optimisme en Psychologie Clinique

Plutôt que  focaliser exagérément sur la pathologie prendre une approche «désaliéniste  non-diagnostiquaire » ( Lucien Bonnafé ) et mettre les individus dans des cases nosographiques, on peut explorer scientifiquement les processus privés, psychosociaux, ou relationnels intimes ( Christensen 2012) comme des phénomènes positifs chez l’homme, facteurs les plus à même d’apporter du changement, un meilleur art de vivre afin d’engager des relations sociales en créant des interactions propices.

Il y a des pionniers ; comme Carl Rogers, affirmant les concepts d’empathie, d’acceptation inconditionnelle et de congruence  avec Abraham Maslow  dans le courant dit de la 3 eme voie, soit la psychologie humaniste.

Et parmi les précurseurs on relèvera Martin Seligman, un psychologue initialement chercheur dans l’évaluation du rôle du pessimisme et de l’impuissance apprise dans la dépression. Partant de l’hypothèse que l’explication des évènements positifs ou négatifs se décline chez l’homme en proie au besoin de contrôle et de prévisibilité des évènements de vie ( Locus of Control), selon 3 vecteurs internalité/externalité, stabilité/instabilité , globalité/spécifici  il  a proposé  un modèle fonctionnel ou  si on veut bien réfuter l’interprétation négative et permanente dirigée contre soi de l’adversité au vu des conséquences qu’entraine ce négativisme explicatif, on peut s’orienter vers une meilleure adaptabilité et la redécouverte d’un soi  orienté vers l’avenir. Il a étudié à son tour l’optimisme comme vecteur thérapeutique et de santé.

Pour Csikszentmihalyi par l’expérience optimale, ou théorie du Flux, on donne du sens à la vie par l’action, dans de nombreuses circonstances de vie, par la pratique d’activités agréable par exemple, d’activation comportementale certainement par auto-incitation, le but est d’améliorer la satisfaction de la vie et d’augmenter le bonheur.

Les interventions d’activités positives ne sont pas une pensée positive naïve qui ignorerait les contingences réelles, elles ont une volonté non jugeante, non stigmatisante, visant principalement à renforcer l’autorégulation, les sentiments, positifs, les émotions positives et les comportements positifs.

La psychologie positive est un syncrétisme de diverses approches humaniste, et autres dont la 3 eme vague comportementaliste, cognitiviste.. Il s’agit de promouvoir entre autre la Compassion, l’Empathie, le Bonheur, l’Optimisme, la Générosité, la Gratitude, l’Altruisme, la Motivation, la Solidarité,l’estime de soi,  la  Pleine Conscience comme modalité désaliénée de vie au quotidien sinon de survie …

L’accomplissement de ses objectifs dans la vie et le respect de ses valeurs,  en percevant plus profondément ses ressources, les siennes propres et celles de son environnement, conduisent plutôt que de se livrer à une autocritique excessive et permanente, à la résilience, à l’efficacité personnelle, à la socialité. Ce n’est bien sûr pas une panacée mais l’introduction dans le paysage thérapeutique d’une humanité, d’une présence, d’une tempérance clinique, de nouvelles attitudes comme le pardon, l’authenticité, la bravoure, la persistance, la citoyenneté, la gentillesse qui nous amène à  ce constat, La santé mentale n’est pas seulement absence de trouble psychique, elle procure une vie florissante , un développement des qualités chez une personne fonctionnant bien ; c’est un art de vivre avec soi-même, autrui, un engagement dans le changement social hédoniste ou on savoure les émotions positives…

Pour Jacques Lecomte invité par l’ADTCCF, la bonne entente dans le couple est donc l’un des thèmes de recherche. Diverses études  ont mis en évidence les ressorts d’une relation harmonieuse et durable. Elles peuvent servir de guide de connaissances au service des couples accompagnés par le thérapeute. On consultera les travaux d’Andrew Christensen  ou de  Don Baucom sur le couple comme source de bonheur, quand la relation est bonne, elle est une base pour la réussite et l’épanouissement de chaque partenaire.

B Frederiksen de son côté a renouvelé la conception de l’amour ; rechercher la proximité envers l’autre par une constellation d’attitude orientées vers la résonance émotionnelle, sociale, physique, psychologique, comportementale qu’on peut enfin admettre dans le parnasse scientifiques.

Andrew Christesen, Niels Jacobson, Don Baucom Norman Epstein, James Cordova, Guy Bodenmann sont des chercheurs en TCC de couple qui s’inscrivent dans ce courant…

  • En France Jacques Lecomte a fondé l’Association française et francophone de psychologie positive la considere comme résilience, sens de la vie et bonté humaine. Il s’intéresse à l’impact social d’attitudes et de valeurs telles que la confiance, la coopération, le respect et la solidarité, dans divers domaines. * Les 30 notions de la psychologie, Dunod, 2013. * La résilience : se reconstruire après un traumatisme, Rue d’Ulm, 2010.*Introduction à la psychologie positive, Dunod, 2009
  • Christophe André ou Philippe Philipot se sont depuis longtemps penché sur cette question
  • En Thérapie Integrative de Couple l’Acceptation de l’autres se fonde sur la compassion et la tolérance ( voir François Allard,  www.ibct-france.fr)