L’Entretien de Motivation MI

LA MOTIVATION EN THERAPIE

La motivation s’étaye sur un besoin de justice du monde, soit du sentiment d’être reconnu et accepté en tant qu’être humain. Décider et agir délibérément n’est pas une question de volonté mais manifeste l’intérêt pour les relations interpersonnelles une aspiration sociale et personnelle.. Elle est nécessaire dans le pardon, et manifeste de l’espoir ; elle est détruite dans le burnout par exemple…

Cliniquement en tant que facteur thérapeutique de Changement :

On revient toujours à la motivation lorsqu’on voit l’échec de la contrainte, de la critique ou de la coercition, attitudes stigmatisantes qui omettent de dire que le manque de volonté est un faux débat. Nous avons tous de la volonté, nous voulons tous des choses, chacun à sa manière, selon son histoire, sa personnalité, son éducation, sa culture, ses besoins. La volonté est le propre du règne animal, de l’humain, c’est simplement vouloir. Persévérer pour un changement est une question de motivation qui peut dépendre des réponses de l’entourage, la motivation déclenche l’engagement et  génère l’effort …

Miller et Rollnick ont proposé de construire l’alliance thérapeutique en TCC face à l’ambivalence des patients comme obstacle principal au changement ; partagée entre ses arguments contraire si la personne accepte de les explorer progressivement et si elles les identifie , alors ses comportements s’orienteront vers un changement plus adapté ; il est nécessaire de percevoir la divergence ou l’écart entre des obstacles qu’on érige soi-même dans l’immédiat, des « symptômes » des « souffrances », des « évitements » et la réalisation de ses buts personnelles vu l’importance pour soi de ses propres valeurs au long cours. Ce qui nous renvoie à l’ACT et la 3 eme voie des TCC.

C’est donc au thérapeute d’aider à faciliter ce processus de la motivation par lequel les arguments du changement ne peuvent venir que de la personne elle-même puisqu’il la concerne et qu’elle en est détentrice, le thérapeute n’impose rien de l’extérieur, il ne le peut !.

 Si on considère le déni, l’évitement comme des attitudes inappropriées enclenchant des interactions désastreuses avec l’environnement, demander directement au patient de changer à partir d’un diagnostic, pour quelque chose qu’on lui impose, dans une direction à laquelle il résiste déjà, cela  ne fera que déclencher des résistances, une réticence, de l’opposition qui augmenteront les obstacles.

Il y a un moyen indirect de contourner cette souffrance grace à l’alliance thérapeutique afin de faire valoir les ressources du patient. Classiquement Il y a des méthodes qui se résument sous l’acronyme OUVERT. Elles sont basées sur l’écoute réflexive, la valorisation des efforts et des ressources et la reformulation. Ces techniques pour promouvoir le changement sont très proches des propositions de Carl Rogers.

Le cycle dit de Prochaska et DiClemente est une modélisation du changement en 6 stades qui permet de choisir une stratégie thérapeutique de motivation:

1 La Précontemplation selon les attitudes et croyances du patient qu’il n’y a pas de problème même s’il apparaît au vu de tous…

2 La Contemplation , prise de conscience que le problème est là et qu’on a un désir de changer que le thérapeute va accompagner de maniere compréhensives. Entre inquiétude et réassurance, il y a ambivalence avec quelques démarches partielles recours aux autres, dépendance sentiment d’impuissance et désespoir.

3 La préparation au changement Il y a un « déclic ». Face au dilemme du changement le patient décide de se fixer un agenda de changement et dessine avec le thérapeute un projet thérapeutique renforçateur.

4 L’action  Des objectifssont fixés on se met à avancer dans l’apprentissage des compétences, on s’engage malgré les fausse note, la part du thérapeute est plus directive et psycho-éducationnelle.

5 Le maintien Mise en ouevre des comportements différents et autonomisation, attention sur les régressions ; Le thérapeute renforce les nouvelles habitudes et aide à la résolution clinique de divers problèmes personnels

La rechute et son contraire, la reprise Elle peut toujours se produire et il faut s’y préparer , ne pas être catastrophiste et au contraire reprendre les principes actifs éclairés et renforcés par une nouvelle efficacité personnelle ; à la sortie de la crise on est plus fort !